Le haut niveau a un prix, d'autant plus quand on s'entraîne depuis une île à 10 000 km des grands centres de compétition. Entre juillet et novembre 2026, Maïdis Gorrillot a rendez-vous avec l'histoire: Championnats d’Europe, Championnats du Monde et Jeux Olympiques de la Jeunesse.
Pour transformer l'essai, le jeune champion ne peut plus compter uniquement sur ses jambes. La Ligue Réunionnaise d’Athlétisme salue aujourd'hui la mise en place d'une opération de mécénat cruciale. «Faire du haut niveau depuis La Réunion, c’est un défi sportif, mais aussi financier», martèle sa mère et coach, Laurence Olligini. L'objectif est clair: trouver les aides nécessaires pour lui offrir une préparation sereine.
Un survivant devenu phénomène
Autour du «colosse» des Avirons, une véritable chaîne de solidarité s’est déjà nouée. Jean-Louis Prianon, figure emblématique de l'athlétisme français, parraine cette quête de soutiens. À ses côtés, des personnalités comme Jackson Richardson ou Eric Ferrère, maire des Avirons, appellent le monde économique et les Réunionnais à se mobiliser. «Il a besoin de la force du collectif réunionnais. On compte sur vous pour montrer que La Réunion est derrière ses champions!» livre Laurence Olligini, plus que jamais maman-poule
Si l'urgence est aujourd'hui logistique, l'admiration que suscite Maïdis puise sa source dans les décombres de Port-au-Prince. En janvier 2010, le nourrisson de 11 mois survit par miracle au séisme qui dévaste Haïti. Il a failli mourir, mais seize ans plus tard, le frêle nourrisson est devenu le deuxième meilleur performeur mondial de sa catégorie. Chaque envolée dans le sable est une victoire sur la fatalité. Mais pour que ce saut vers la gloire ne soit pas freiné par des contraintes matérielles, l'athlète a désormais besoin de partenaires prêts à l'accompagner vers les sommets.
Le message est lancé: le talent est là, l'histoire est unique, il ne manque plus que le soutien de ceux qui croient en la réussite réunionnaise. Pour l'aider, une cagnotte a été ouverte: www.soutientonsportif.fr/project/gorrillot.maidis
Roland Chane
En route pour les Mondiaux d'Eugene (Etats-Unis)
Sacré vice-champion d'Europe U18 à Rieti en Italie (à la mi-juillet), après un dénouement au suspense insoutenable, le jeune prodige réunionnais revient en détail sur son concours, la frustration de son saut mordu et ses ambitions pour les Mondiaux juniors à Eugene.
Le scénario avait pourtant tout du conte parfait. Sur le sautoir de Rieti, le Réunionnais Maïdis Gorrillot a longtemps caressé le rêve de décrocher l'or européen chez les U18. Solide et appliqué dès l'entame du concours, il s'empare des commandes avec un bond à 7,63m au deuxième essai, avant d'enfoncer le clou au troisième avec une marque de référence à 7,71 m (+0,5 m/s). Mais c'était sans compter sur la riposte du Finlandais Pyry Heiskanen, qui coiffe le Français sur le fil au sixième essai avec un saut à 7,79 m.
Le tournant du concours s'est joué à la cinquième tentative. Dans un élan parfait, Gorrillot retombe très loin dans le sable, certain d'avoir assommé la concurrence. Mais après une attente interminable et sous tension, le verdict des juges tombe: essai mordu pour quelques millimètres. Mesuré officieusement à 7,86 m, ce saut lui aurait pourtant garanti la plus haute marche du podium.
Malgré ce dénouement mitigé, la satisfaction prédomine. En réalisant 7,78 m lors des qualifications, le jeune sauteur offre à La Réunion son premier podium européen sur la longueur junior depuis l'exploit d'Olivier Huet en 2007. Il décroche surtout son précieux billet pour les Championnats du monde U20 à Eugene (USA) du 5 au 9 août prochain.
«Mon objectif initial, c'était le podium européen. Décrocher la qualification pour les Mondiaux est un vrai plus», conclut le vice-champion d'Europe. «Ma saison se finira là-bas. Je serai loin d’y être favori, mais j’irai pour franchir les qualifications et essayer d'accrocher une place en finale», livre un Maïdis Gorrillot plus que confiant.