Il y a des ironies du sort qui vous laissent KO debout, bien plus efficacement qu'un middle-kick en pleine tempe. Pengo Bossio Wangiétait de cette trempe-là : un espoir du MMA, bâti pour encaisser, progresser et s'imposer sous les lumières des grands rendez-vous. Le genre de gars qui passe des heures à suer sur les tatamis, à apprendre à parer les coups et à anticiper la suite. Sauf que la vie, parfois, n'a aucune éthique sportive.
Ce 23 octobre 2026, ce n'est pas sur un ring, au milieu des cris d'une foule en délire, que son combat s'est arrêté. C’était sous les balles du tireur Kevin T. à Trappes.
Ceux qui le croisaient en Seine-Saint-Denis se rappelleront de son trait le plus agaçant et le plus beau à la fois : il avait toujours le sourire. Toujours un mot pour tout le monde, à parler à n'importe qui, même quand il n'y avait rien à dire. Dans une époque où tirer la gueule est devenu un sport national, lui choisissait la légèreté. C'est quand même un sale comble de passer sa vie à s'endurcir dans des salles d'entraînement pour finir cueilli par la bêtise armée au détour d'une journée ordinaire.
Pengo est parti. Il laisse un grand vide sur les tapis, un silence lourd dans le 93, et cette impression amère que le destin choisit décidément très mal ses têtes d'affiche. Repose en paix, le champion