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Vendredi 2 Août 2019

L'avenir de la Commission de l'Océan Indien en question


Ce vendredi 2 août, une rencontre de haut niveau consacrée à l’avenir de la Commission de l’Océan Indien (COI) s'est tenue à Moroni (Comores), à l'hôtel Retaj. Pour représenter la France, était présent Luc Hallade, ambassadeur français délégué à la coopération dans l’Océan Indien et représentant le chef de la diplomatie française. Daniel Gonthier, vice-président du Département, se trouve également aux Comores. Ils appellent ça "une retraite ministérielle"...


Les Ministres de la zone et l'ambassadeur français réunis à Moroni
Les Ministres de la zone et l'ambassadeur français réunis à Moroni
Aux côtés de Luc Hallade, il y avait Vincent Mériton, vice-président des Seychelles et président du Conseil des ministres de la COI, Mohamed El-Amine Souef, Ministre des Affaires étrangères des Comores, Naina Andriantsitohaina, Ministre des Affaires étrangères de Madagascar, Nandcoomar Bodha, Ministre des Affaires étrangères de Maurice, tous venus pour débattre des missions de l’organisation régionale, de sa valeur ajoutée, des réformes à entreprendre et des moyens nécessaires à la réalisation des ambitions des Etats membres.

La retraite ministérielle a été ouverte par Abdallah Said Sarouma, Ministre comorien de l’Aménagement, de l’Urbanisme chargé des Affaires foncières et des Transports terrestres, porteur d’un message du président de l’Union des Comores Azali Assoumani.

«En 35 ans, la COI a accompli un excellent travail. Toutefois, […] nous ne pouvons pas nous contenter d’admirer ce passé, aussi rayonnant qu’il soit. Nous devons sortir des tranchées et faire bouger les lignes», a fait savoir le président de l’Union des Comores à travers son ministre.

Pour ce faire, «la structure institutionnelle de la COI doit associer au plus haut niveau de sa direction, les dirigeants de nos pays. Les numéros un de nos pays doivent alors occuper la place qu’ils méritent au sein de notre organisation et fixer les grandes orientations stratégiques». De fait, et dans le droit fil de la philosophie de la retraite ministérielle, «cette gouvernance au sommet» que préconise le chef de l’Etat comorien «implique une révision des statuts de la COI».

Photo de famille
Photo de famille
De son côté, Hamada Madi, secrétaire général de la COI, a rappelé que «la COI est allée bien au-delà des missions qui lui avaient assignées» il y a 35 ans. «Cette croissance au coup par coup ne s’est toutefois pas accompagnée de réformes ou à tout le moins d’adaptation des structures, des statuts et des moyens». C’est tout l’objet de la rencontre de Moroni. «Comment renouveler aujourd’hui le vœu de 1984 en adaptant l’organisation au présent et surtout aux enjeux d’avenir?», a résumé Hamada Madi. C’est à cette question générale que les débats des membres du Conseil des ministres de la COI devront répondre.

Rappelant que «l’identité indianocéanique tient à cœur la partie française», l’ambassadeur français délégué à la coopération dans l’Océan Indien, Luc Hallade, a estimé que «la COI est à l’évidence un acteur incontournable pour le renforcement de la coopération parce qu’elle est d’abord une organisation de proximité et c’est cela sa valeur ajoutée». A cet égard, la COI doit jouer un rôle grandissant pour la stabilité et la sécurité régionale, renforcer les échanges économiques et humains, et défendre les intérêts communs en réponse aux enjeux globaux.


Les travaux de la retraite ministérielle s’articulent autour de quatre sessions: bilan de 30 ans de coopération; la COI pour quoi faire et avec quels acteurs?; les organes et les processus; les ressources nécessaires à la réalisation des ambitions. Ces questions seront abordées dans la Déclaration de Moroni qui sera adoptée à l’issue des travaux et alimenteront également la 34ème session du Conseil des ministres de la COI prévue fin octobre aux Seychelles.



Aziz Patel
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